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Panneaux solaires en 2026 : fin de la prime, surplus à 1,1 centime, que reste-t-il ?

Depuis le 5 juin 2026, plus de prime et un surplus racheté 1,1 c€/kWh. Coûts, TVA à 5,5 %, démarches, heures creuses à midi : comment calculer.

Il y a deux ans, un foyer qui posait 3 kWc sur son toit touchait une prime à l’installation et revendait son surplus à EDF OA à un tarif garanti. En 2026, les deux ont presque disparu. Les panneaux solaires peuvent encore être rentables, mais la logique a changé : ce qui compte, c’est l’électricité que vous consommez vous-même au moment où le soleil brille.

Ce qui a changé en 2025 et 2026

Le soutien public au petit photovoltaïque a été rogné en trois temps, d’après le centre de ressources photovoltaique.info, qui publie les tarifs officiels.

Le 28 mars 2025, la vente en totalité pour les installations de 9 kWc ou moins a perdu tout soutien. La prime à l’autoconsommation pour ces installations est passée de 0,14 € à 0,08 € par watt-crête, soit 80 € par kWc, niveau auquel elle est restée jusqu’au 4 juin 2026.

Le 1er octobre 2025, la TVA réduite à 5,5 % a été rétablie pour les installations de 9 kWc ou moins, mais sous conditions, précise Service-Public.fr : panneaux à faible empreinte carbone (moins de 530 kg CO2 équivalent par kWc), teneur en argent, plomb et cadmium plafonnée, et système de gestion de l’énergie inclus.

Le 5 juin 2026, un arrêté du 1er juin a mis fin à la prime à l’investissement. Pour toute demande depuis cette date, les installations jusqu’à 100 kWc bénéficient d’un tarif d’achat unique de 1,1 c€ par kWh, en vente du surplus comme en vente totale (hors vente totale sous 9 kWc). Ce tarif progresse de 2 % par an : 1,12 c€ la deuxième année, 1,60 c€ la vingtième. Le contrat d’obligation d’achat reste conclu pour 20 ans.

Pourquoi l’autoconsommation décide de tout

Comparez les deux chiffres. Un kWh revendu rapporte 1,1 centime. Un kWh que vous n’achetez pas au réseau vous fait économiser le prix du tarif bleu : 13,61 c€ HT en option base au 1er août 2026 selon la CRE, soit environ 20 c€ une fois l’accise et la TVA ajoutées (notre calcul). Chaque kWh autoconsommé vaut donc près de vingt fois un kWh injecté.

Conséquence directe : il ne faut plus dimensionner l’installation pour produire le maximum, mais pour coller à votre consommation en journée. Une installation trop grande injecte surtout du surplus quasiment gratuit.

Un point d’attention nouveau : la réforme des heures creuses. Depuis le 1er novembre 2025, Enedis place progressivement une partie des heures creuses entre 11 h et 17 h, davantage en été. Si vous êtes en option heures creuses, le kWh que vos panneaux vous évitent d’acheter à midi est un kWh d’heure creuse, à 10,18 c€ HT au lieu de 14,79 c€ HT en heure pleine. L’économie par kWh autoconsommé est donc plus faible à midi qu’avant. À l’inverse, si vous n’avez pas de panneaux, vous profitez de ces heures creuses de mi-journée sans rien installer. Faites le calcul dans les deux options.

À noter aussi : au tarif bleu, les autoproducteurs qui injectent paient une majoration de gestion de 9,84 € HT par an.

Combien ça coûte ?

Photovoltaique.info donne des fourchettes de prix observés en 2024 pour une pose en toiture, TTC et hors aides : 6 500 à 8 000 € pour 3 kWc, 12 000 à 13 500 € pour 6 kWc, 16 000 à 17 500 € pour 9 kWc. Les écarts régionaux sont forts, jusqu’à 30 % de plus dans le nord, et un renforcement de charpente ou une pose particulière s’ajoute au devis.

La production dépend de votre région, de l’orientation et de l’inclinaison. Le centre de ressources propose une carte du productible, mise à jour en septembre 2026. Notre calculateur solaire vous permet d’entrer votre consommation et votre prix du kWh pour estimer la part autoconsommée.

Nous ne donnons pas de durée de retour sur investissement type. Avec la fin de la prime et un rachat à 1,1 c€, elle dépend presque entièrement de votre taux d’autoconsommation et du prix du kWh que vous payez. Méfiez-vous de tout devis qui annonce un chiffre sans le détailler.

Les démarches

Déposez une déclaration préalable de travaux en mairie avant la pose. Faites appel de préférence à un installateur RGE, conseillé par Service-Public.fr, et vérifiez que le matériel remplit les conditions de la TVA à 5,5 % si l’installateur l’applique. Si vous injectez votre surplus, la demande de raccordement passe par Enedis, avec un contrat d’accès au réseau puis le contrat d’obligation d’achat de 20 ans.

Comment augmenter l’autoconsommation

Programmez le chauffe-eau, le lave-linge et le lave-vaisselle en milieu de journée. Rechargez la voiture électrique quand elle est à la maison le week-end ou en télétravail. Le système de gestion de l’énergie, désormais exigé pour la TVA réduite, sert précisément à allumer ces appareils quand il y a du surplus. Une batterie peut aider, mais elle coûte cher : faites le calcul avant de l’ajouter au devis.

Les pièges

Un devis calculé avec l’ancienne prime ou l’ancien tarif de rachat. Les deux ont disparu pour les nouvelles demandes.

Une promesse d’« autonomie » ou de facture à zéro. En hiver, la production baisse fortement et vous achetez l’essentiel de votre électricité au réseau.

Un acheteur de surplus qui disparaît. Si l’entreprise qui rachète votre production perd son autorisation, c’est à vous de trouver un nouvel acheteur, vite. C’est arrivé aux producteurs clients de JPME en janvier 2026 : le Médiateur national de l’énergie leur a conseillé de consulter la liste des acheteurs publiée par Enedis. Le même risque existe pour les offres de « batterie virtuelle ». Avant de signer, demandez qui rachète le surplus et depuis quand.

Le démarchage. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans consentement préalable est interdit. Un appel non sollicité pour des panneaux « financés par l’État » doit vous alerter.

Et votre contrat d’électricité ?

Avec des panneaux, votre profil de consommation change : moins en journée, autant le soir. L’option et l’offre qui vous convenaient peuvent ne plus être les meilleures. Comparez avec votre nouveau profil, lisez notre guide de la facture pour repérer les lignes liées à l’injection, et programmez une alerte pour réévaluer après un an de production.

Sources

  1. Photovoltaique.info (Hespul/ADEME) : Tarifs de vente et primes autoconsommation ≤ 100 kWc (2026-09-28)
  2. Photovoltaique.info : Anciens tarifs et primes de l'arrêté du 6 octobre 2021 (2026-09-28)
  3. Service-Public.fr : Obtenir de l'électricité avec des panneaux solaires (2025-10-01)
  4. Photovoltaique.info : Coûts d'investissement (2026-09-28)
  5. Médiateur national de l'énergie : JPME, retrait d'autorisation de fourniture (2026-09-29)
  6. CRE : Délibération du 15 juillet 2026 sur les TRVE, annexe B (barèmes au 1er août 2026) (2026-07-15)
  7. Service-Public.fr : Changement des heures creuses dès le 1er novembre 2025 (2025-10-02)
  8. Service-Public.fr : Démarchage téléphonique interdit, quelles sont les nouvelles règles ? (2026-08-11)

Faits vérifiés le 29 septembre 2026.

Questions fréquentes

Existe-t-il encore une prime à l'autoconsommation en 2026 ?
Non pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026 : le centre de ressources photovoltaique.info indique qu'il n'existe plus de prime à l'investissement. Jusqu'au premier trimestre 2026, elle était de 0,08 € par watt-crête pour les installations jusqu'à 9 kWc.
À combien EDF OA rachète-t-il le surplus ?
Pour les demandes depuis le 5 juin 2026, le tarif d'achat est unique à 1,1 c€ par kWh pour les installations jusqu'à 100 kWc, revalorisé de 2 % par an sur la durée du contrat de 20 ans.
Combien coûte une installation de 3 kWc ?
Selon photovoltaique.info, entre 6 500 € et 8 000 € TTC pour 3 kWc posés en toiture, sur la base des prix observés en 2024. Dans le nord de la France, les prix peuvent être jusqu'à 30 % plus élevés.
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